Articles 2003-09

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2009, septembre - Sans dogmes ni gourous
Par Alexandre Caldara
Tour d’horizon de la scène musicale la plus avant-gardiste de Suisse Romande.

2009, 2 février - Interview réalisée par Michel Masserey pour l’émission Culture Club de la Radio Suisse Romande

2008, janvier-mai - À la rencontre de Béatrice Zawodnik, hautboïste
interview parue dans la revue Contrastes, section Aparté.

2008, 5/6 avril - Ondes en stock à Archipel
interview parue dans Le Courrier.

2008, 5 avril 2008 - Au service de la création musicale, l’Ensemble Vortex
Paru dans le N° 203 de la revue Scènes Magazine.

2006, 29 mars - Vortex parie sur les jeunes compositeurs
Paru dans Le Courrier.

2005, 21 décembre - Voyage festif sur la planète Mozart
Paru dans La Liberté.

2005, 8 décembre - Les jeunes membres de Vortex allient ambition et enthousiasme
Paru dans Le Courrier.

2003, 7 mars - Le Quatuor Arc-Anches
Paru dans le journal Sainte-Croix.

2003 - 14 février - Concert Arc-Anches
Paru dans le journal de Sainte-Croix.


2009, septembre - Sans dogmes ni gourous

SANS DOGMES NI GOUROUS, par Alexandre Caldara

Tour d’horizon de la scène musicale la plus avant-gardiste de Suisse Romande

DISSONANCE #107, 09.2009

Mais que se passe-t-il depuis dix ans en Suisse romande ? Les grandes institutions de la musique contemporaine comme l’Ensemble Contrechamps et le Festival Archipel à Genève ; le Nouvel Ensemble Contemporain et les Concerts de musique contemporaine à la Chaux-de-Fonds ainsi que la Société de Musique Contemporaine à Lausanne ne sont plus seuls à défendre l’avant-garde. Tout une série de musiciens et de compositeurs d’horizons très divers et hors système se mettent à inventer des cycles de concerts, des échanges nationaux et internationaux, des ateliers, des brunchs, des programmes pédagogiques libres et inventifs. Ils ont entre 30 et 40 ans, viennent des conservatoires, du free jazz, de l’électro ou de la noise et produisent des sons décomplexés, harnachés nulle part, parfois très écrits, parfois complètement improvisés.

On leur connaît peu de maîtres et de dogmes. Ils ne citent pas volontiers de gourou. Mais pour beaucoup la Cave 12 aura été un tremplin d’écoute et de perdition sonore, de chemins de traverse. Tous semblent nourris d’ailleurs : fanfares balkaniques, textes du nouveau romans, free jazz, pop art, surréalisme, rock, film d’horreur, cactus, électroacoustique.

Des collectifs d’abord soucieux de jouer, de transmettre une curiosité, de partager, de ne jamais cloisonner le son. Parmi eux certains ont été marqués par les approches libres de leurs professeurs William Blank et Eric Gaudibert, d’autres viennent de l’expérience de la scène, de la confrontation avec les bruits. On de peut pas qualifier cette scène d’homogène, tant les approches divergent. Mais les strates, les palpitations existent, les liens entre des ensembles aussi différents que l’ensemble Rue du Nord ou la Compagnie CH.AU ne se comptent plus. Récemment, au festival Les Amplitudes de la Chaux-de-Fonds, Jacques Demierre, un des premiers musiciens inclassable de Suisse romande à qui l’on rendait hommage, a parsemé sa programmation de performances de ces jeunes activistes intrépides et désormais incontournables.

Malgré toute cette énergie, ces artistes restent en marge des circuits médiatiques et des grandes institutions. Ils ne vendront probablement jamais beaucoup de disques. Mais inventent déjà des réseaux de diffusions et d’échanges sur Internet. A l’image du label genevois Insubordinations, avec le modèle juridique de « License creative commons », pas toujours du goût des organes de gestion de droits d’auteurs comme la Suisa. Mais finalement, ces pratiques permettent de faire voyager des sons dans le monde entier tout en préservant certains droits ressemblant à leur époque. Elles complètent également le questionnement de compositeurs et interprètes qui détournent les sons de leurs instruments, questionnent la durée, le lieu et le rituel d’un concert.

On pourra entendre plusieurs de ces ensembles lors de la Fête des Musiciens qui se tiendra à Lausanne, de 16 au 20 septembre. Pour l’heure, nous vous les faisons découvrir à travers les voix de quatre figures importantes de ce renouveau qui exposent leur quotidien avec des accents très personnels.

Béatrice Zawodnik : « une antichambre de diversité »

Une formation hautbois, violon, contrebasse, guitare et percussion en lien avec six compositeurs. Pas un centime en poche. Mais que pouvait bien faire l’ensemble genevois Vortex ? Quatre ans et une quarantaine de création après, la cohérence du projet semble s’imposer : « En tout cas nous défendons les écritures de très jeunes compositeurs sans ne jamais suivre un seul chemin académique, en privilégiant la prise de risque », explique Béatrice Zawodnik. A la fin de ses études, ce onze-là choisit de jouer des musiques d’aujourd’hui en complément à ce que l’Ensemble Contrechamps propose : « On joue très peu de répertoire genre Berio et Carter. Entre nous, on dispose d’une antichambre de diversité, on ne propose pas un seul langage, on invente des systèmes, on grandit ainsi. » Béatrice Zawodnik regrette aussi que les scènes romandes et alémaniques ne se rencontrent pas plus et se réjouit de la collaboration de Vortex avec le trio Mondrian de Bâle.

Vortex se préoccupe de transformations : « Nous travaillons des pièces écrites qui mettent souvent en relation la musique électroacoustique et le live electronic, en se posant la question du son à travers les volumes ou la disposition des haut-parleurs. » Elle cite une pièce de Benoît Moreau écrite pour trio et quatre improvisateurs supplémentaires. Nous joignons Béatrice Zawodnik, en voyage, dans un train. Le wagon, lieu symbolique de la vie du musicien d’aujourd’hui : « Oui, nous sommes toujours en train de sauter d’un projet à l’autre. Il faut savourer ce dynamisme, même s’il nous manque souvent du temps : le temps de se perdre, de se planter. Je rêve de mécène qui nous donne des cartes blanches pendant deux mois. Mais même si l’équilibre reste fragile, j’ai la chance de faire un métier comme ça, d’exercer ma passion. »

Elle pense qu’un musicien au 21ème siècle doit se diversifier : « Je ne fais pas de concours d’orchestre, je crée autre chose. »

Comme coordinatrice de la filière préprofessionnelle du Conservatoire de Genève, elle tient à transmettre cette ouverture : « On ne peut plus se contenter de jouer très bien Brahms, Beethoven ou Schumann. Dans une seule journée, on peut interpréter Telemann le matin, improviser l’après-midi et finir sa journée avec Ligeti. »

Vortex crée aussi volontiers des liens à l’étranger. En Amérique du Sud et au Japon : « Cela favorise une nouvelle écoute. Dans ces pays on trouve de nombreux compositeurs mais peu d’instrumentistes spécialisés dans le contemporain. On donne aussi des ateliers, on échange nos compétences. »

Dans l’improvisation, elle recherche de nouvelles façons de dire, un peu comme avec la musique baroque, elle traque au hautbois les limites de l’instrument : « Il faut aller au-delà du timbre perçant, parfois on ne reconnaît même plus son timbre. Mais cela permet de mieux improviser, de trouver une liberté très grande. »

En bref

L’Ensemble Vortex est constitué par un groupe de musiciens et de compositeurs qui veulent joindre leurs efforts pour s’engager dans la promotion et la diffusion de différents aspects de la musique d’aujourd’hui – et plus précisément par la découverte de jeunes compositeurs et la collaboration étroite entre interprètes et compositeurs. L’ensemble regroupe des artistes de divers pays qui se sont rencontrés lors de leurs études au Conservatoire de Musique de Genève et qui partagent un esprit d’ouverture et d’émancipation.

Musiciens :
- Mauricio Carrasco (guitare) ;
- Florian Feyer (percussion) ;
- Rada Hadjikostova (violon) ;
- Jocelyne Rudasigwa (contrebasse) ;
- Béatrice Zawodnik (hautbois).

Compositeurs :
- Arturo Corrales ;
- Fernando Garnero ;
- Francisco Huguet ;
- John Menoud ;
- Denis Schuler ;
- Daniel Zea.

Site de l’Ensemble Vortex

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2009, 2 février - Interview réalisée par Michel Masserey pour l’émission Culture Club de la Radio Suisse Romande

2 février 2009, interview réalisée par Michel Masserey pour l’émission Culture Club de la Radio Suisse Romande, cliquez sur l’icône ci-dessous pour l’écouter.

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2008, janvier-mai - À la rencontre de Béatrice Zawodnik, hautboïste

À LA RENCONTRE DE BEATRICE ZAWODNIK, HAUTBOÏSTE

Revue Contraste, section "Aparté", janvier/mai 2008

Un rendez-vous au petit matin. Dans cette boulangerie qui sent le pain frais et le café fort, un objet insolite occupe le centre d’une table en prévision d’une prochaine répétition : un petit verre d’eau planté de roseaux. Les anches de Béatrice Zawodnik prennent leur premier bain de la journée. Elles ont beau être minuscules, ces anches ont un rôle capital. Elles font du hautboïste – comme du bassoniste, son cousin – un être à part dans l’orchestre. Un hautboïste n’est pas seulement musicien, il se doit également d’être artisan.

« Mes roseaux proviennent du Var. Leur calibre est particulier. C’est en les grattant et en les limant que j’obtiens l’anche idéale. Je passe ainsi de nombreuses heures devant l’établi. Chaque instrumentiste a ses préférences, ses façons ; dès lors aucun instrument ne possède le même son quand bien même il proviendrait du même facteur d’instrument. »

Le son revêt chez vous une importance toute particulière…
Il ne concerne pas que l’ouïe. Avec le hautbois, la sensation est presque plus physique qu’auditive. Le son résonne dans tout le corps, c’est une vibration extraordinaire. Tous les paramètres corporels entrent en jeu pour l’émission de ce son. Pianiste à la base, j’ai découvert le hautbois à l’âge de 14 ans et c’est la présence singulière et forte de sa sonorité qui m’a immédiatement séduite.

Vous évoquez le piano et portez un nom polonais. Doit-on imaginer la jeune Béatrice Zawodnik déchiffrant Chopin à Varsovie ?
Je suis née à Lausanne et je réside à Genève depuis l’âge de sept ans. Mon père, Polonais de culture classique, avait pratiqué onze ans durant le piano et mes parents m’ont mis devant le clavier vers sept ou huit ans. Mélomanes, mes parents souhaitaient que leurs enfants apprécient également la musique. L’exercice solitaire du piano dans notre salon ne me passionnait pourtant guère. Je l’ai d’abord vécu comme une obligation, le plaisir musical est venu plus tard, avec la découverte du hautbois et la pratique instrumentale en ensemble.

À vous entendre hautbois rime avec émancipation ou libération.
Oui. Pratiquant cet instrument depuis un an à peine, j’ai rejoint l’Orchestre du collège, dirigé par Philippe Béran, pour y tenir le registre solo. J’avais trouvé ma voie ! J’ai enchaîné par la suite des rencontres musicales très fortes, notamment dans le domaine du spectacle, participant à des opéras de poche avec Monique Chatelain, rencontrant Dominique Weber et Heinz Holliger lors de mes études musicales à Genève et Fribourg en Breisgau, où, aux concerts de Contrechamps, les présentations de Philippe Albera m’ont donné envie de découvrir la musique d’aujourd’hui et de la pratiquer. Par le passé, j’ai vécu avec la peur de déplaire. La musique m’a apporté la reconnaissance et plus de sérénité.

Parlez-nous de « Circular », fabuleuse pièce que vous avez jouée à Genève en 2006 dans le cadre des concerts de Contrechamps. Par son intensité, elle semble tester les limites de votre instrument comme celles du public.
Cette pièce extraordinaire a vraiment marqué une frontière pour moi. Il y a un avant et un après « Circular ». Ce fut d’abord un défi, un an de travail à raison de deux heures de travail chaque jour pour capter l’esprit de ce solo de neuf pages, écrit par Barry Guy. Contrebassiste et compositeur aux multiples facettes, Guy est un avant-gardiste de la musique improvisée, mais pratique aussi la musique baroque, le classique et le jazz. J’ai rencontré Barry Guy au festival de Davos, où il était le compositeur en résidence. J’ai joué « Circular » la première fois le 20 mai 2006 lors de la saison Contrechamps au Studio Ernest-Ansermet, puis à la Fondation Nestlé à Berne, en octobre 2006 et au Festival de Huddersfield en novembre 2006. Circular est une pièce rare exigeant une prouesse physique et technique. Il s’agit de maîtriser des sons suraigus tout en conservant la souplesse du son dans le registre grave de l’instrument. Plusieurs passages sont également écrits pour deux hautbois à jouer simultanément, un instrument étant fixé sur un pied construit exprès pour cette pièce (conçu et réalisé par Otto Hnatek des Vents du Midi), l’autre, mobile, que je peux également fixer sur le pied pour ce duo pour un seul hautboïste. Au sortir d’une telle tension, j’étais sur les genoux ! La pièce a un impact physique sur l’interprète. Après ça, j’éprouve le besoin de retrouver des sensations moins extrêmes, jouer du Haydn ou du Schumann par exemple. Circular n’a jamais été enregistrée en studio. Un seul autre hautboïste, anglais, a joué cette pièce en 1984, année de sa composition…

Vous citez le free jazz et l’improvisation, des musiques que vous fréquentez ?
Oui. J’y trouve une détente dans la liberté et aussi un besoin d’écoute de l’autre plus important que dans la musique écrite, comme avec les projets que j’ai pu mener avec des musiciens comme Yves Massy, Philippe Ehinger, Daniel Perrin, François Allaz ou D.M. Visotzky. A l’inverse, il y a chez des compositeurs et chefs d’orchestre comme George Benjamin ou Heinz Holliger la permanence d’une exigence sans limite et une tension qui nécessite de se ressourcer. Il m’est par ailleurs important de décloisonner la musique, d’aborder des genres différents afin de m’ouvrir l’esprit ou celui de mes élèves. J’ai aussi eu l’occasion de jouer des duos pour piano et hautbois pour l’Association de la musique juive ou d’aborder les jeunes compositeurs de musique contemporaine avec l’ensemble Vortex. Défendre la création, prendre des risques, y compris celui de se tromper, et susciter des rencontres, voilà des choses qui me tiennent à cœur et qui gardent la musique vivante !

Chez vous, qu’écoutez-vous sur votre chaîne stéréo ?
Je dois avoir un millier de disques, du baroque à Arthur H et mes choix dépendent des périodes, de mon humeur ou de mon stress. Lorsque je suis plongée dans une pièce, j’ai surtout besoin de silence…

Quels instruments vous accompagnent dans vos pérégrinations musicales ?
Deux hautbois, un Rigoutat et un Buffet-Crampon, un hautbois d’amour plus bas d’une tierce pour jouer le répertoire de Bach, un cor anglais, un hautbois baryton (prêté par Heinz Holliger depuis cinq ans), un hautbois baroque à deux clé, un hautbois Panormo de 1830… et mon vieux piano droit d’étude.

Un crédo dans votre enseignement de professeure au conservatoire ?
Ne jamais perdre de vue le plaisir. La musique doit éveiller des sentiments et ne doit jamais rester une pratique abstraite ou désincarnée, même si le hautbois est au départ un instrument particulièrement exigeant. Il faut aussi que les élèves jouent ensemble, apprennent la dynamique de l’écoute mutuelle et du dialogue. Il est aussi capital d’ouvrir… les professeurs. Il y a encore trop de conservatisme dans l’enseignement. Comment voulez-vous que les musiciens abordent le répertoire d’aujourd’hui si personne ne leur donne les clés et l’envie de se jeter dans de nouvelles musiques ?

Propos recueillis par Thierry Sartoretti

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2008, 5/6 avril - Ondes en stock à Archipel

Ondes en stock à Archipel

Le Courrier, 5/6 avril 2008

Le programme Stockhausen démarre lundi en fanfare avec « Spiral », une performance de musique intuitive pour humains et ondes courtes. Interview de la hauboïste Béatrice Zawodnik.

Des musiciens se débattent avec des radios, leur voix et leur instrument. C’est Spiral, qui ouvre lundi le programme Stockhausen d’Archipel. Composée en 1968, cette pièce est un paradoxe radical : plus de notes sur la partition, seulement des indications et des symboles. Ses interprètes en suivent les instructions pour réagir aux sons qu’ils trouvent sur leur radio. Exécuter cette matrice démesurée est une performance unique, à laquelle se prêteront trois solistes : la chanteuse Céline Hänni, le clarinettiste Pete Ehrnrooth et la hautboïste Béatrice Zawodnik (Contrechamps, Vortex). C’est cette dernière que nous avons rencontrée.

Que pouvez-vous dire de cette composition ?
Béatrice Zawodnik : Spiral est une partition d’une page et dix pages d’explications, une œuvre pleine de contraintes et pleine de liberté à la fois. C’est une suite d’événements : il y a donc des périodes de ruptures, mais le vide est également important. Nous avons pris l’option de la jouer chacun vingt minutes mais étant donné sa nature (les durées ne sont pas indiquées), ça aurait pu être complètement différent. Je n’ai vraiment rien vu de semblable jusqu’à présent.

Faut-il jongler pour exécuter Spiral ?
Oui. Sur scène, l’une de mes mains est occupée à chercher les stations, et j’utilise une pédale pour contrôler le volume des ondes courtes. Je dispose également d’objets sonores : une anche de basson sur un tuyau en métal, un harmonica, une flûte à coulisse.

A quoi les auditeurs doivent-ils s’attendre ?
Ils seront pris au coeur de la spirale de haut-parleurs, embarqués dans les sons ; ils voient une personne seule sur scène mais les sons viennent de partout, transformés. Le rapport entre ce qu’on voit et ce qu’on entend peut du coup se perdre. C’est une nouvelle sensation pour le public, et l’occasion rare d’entendre cette pièce qui nécessite un dispositif énorme.

Comment se préparer pour une telle œuvre ?
Intégrer les paramètres mais se libérer de la partition était très difficile. J’ai prévu une sorte de parcours, mais comme les ondes proposent à chaque fois autre chose, c’est toujours différent. Le plus important est de se préparer à être vraiment dans l’instant, afin de réussir à réagir.

Benoit Perrier

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2008, 5 avril 2008 - Au service de la création musicale,
l’Ensemble Vortex

Le mardi 8 avril, au Grütli, à 20h, l’ensemble Vortex se produira dans le cadre du festival Archipel.

Ce jeune et dynamique ensemble a vu le jour en 2005 : un collectif de musiciens, compositeurs et interprètes – tous issus du Conservatoire de Musique de Genève – s’est alors réuni afin de privilégier la création, acoustique, mixte et électroacoustique, de jeunes compositeurs encore peu connus. Il faut dire que la situation de ces derniers n’est pas facile : le répertoire dit contemporain (même si cette acceptation englobe des musiques qui ont plus d’un demi-siècle) est déjà grand et les quelques commandes qui sont passées à des compositeurs concernent en priorité des noms déjà respectés et reconnus.

Encouragement
La première règle de l’ensemble Vortex sera donc l’encouragement absolu à la jeune création et aux inédits, ce qui suppose une grande prise de risque ! Mais le pari semble déjà réussi puisqu’en trois ans d’existence, ces musiciens ont déjà interprété une vingtaine de commandes et que la qualité de leur travail est désormais admise par les spécialistes et une audience de plus en plus large.

La deuxième règle du collectif est de réserver une place à la musique électroacoustique, répertoire très peu connu du public, très peu jouoé en raison de la complexité des installations sonores. Cette priorité correspond d’ailleurs à un des axes centraux de la classe de composition du Conservatoire (section haute école / HEM) ; les étudiants auront donc ainsi une possibilité extrêmement stimulante de faire jouer leurs œuvres par des interprètes professionnels et enthousiastes.

Festival Archipel
L’ensemble Vortex, composé d’un noyau d’instrumentistes attitrés, s’additionne de musiciens supplémentaires, lorsque le répertoire l’exige ; ce sera le cas pour le concert du festival Archipel avec la violoncelliste Esmé de Vries, concert où il n’est pas inutile de souligner que le plus « vieux » des compositeurs interprétés n’atteint pas quarante ans !

Un ensemble à suivre ! D’ailleurs, les engagements qui se multiplient le prouvent : vous pourrez retrouver ces musiciens à Lausanne le 21 avril (SMC), à Sofia en juin, ou à Royaumont en septembre, lors des ateliers de jeunes compositeurs, ils y collaboreront avec les Neue Vocal Solisten.

Catherine Fuchs


LE COLLECTIF :

- Mauricio Carrasco, guitare
- Florian Feyer, percussion
- Rada Hadjikostova, violon
- Jocelyne Rudasigwa, contrebasse
- Béatrice Zawodnik, hautbois

- Arturo Corrales, compositeur
- Fernando Garnero, compositeur
- Francisco Huguet, compositeur-électronique
- John Menoud, compositeur-électronique
- Denis Schuler, compositeur
- Daniel Zea, compositeur-électronique

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2006, 29 mars - Vortex parie sur les jeunes compositeurs

Vortex parie sur les jeunes compositeurs

Le Courrier, 29 mars 2006

ÉLECTROACOUSTIQUE

Le deuxième concert du tout jeune ensemble a lieu demain au festival Archipel.A découvrir absolument si ce n’est pas encore fait ! Audacieux, intelligent et passionnant : voilà comment on pourrait décrire ce nouveau- né de la scène musicale genevoise, l’Ensemble Vortex. Ses protagonistes ont pris leur courage à deux mains et fait le pari de jouer la musique des jeunes compositeurs fraîchement sortis du Conservatoire. Parti d’une initiative de quatre compositeurs sud-américains des classes de composition (Daniel Zea, Arturo Corrales, Fernando Garnero et Francisco Huguet), le projet s’est construit pierre par pierre grâce une collaboration intense entre compositeurs et interprètes, la plupart également du Conservatoire.

Risqué ?
En effet, pour de jeunes musiciens, lancer un nouveau projet – qui plus est en se proposant de jouer majoritairement des créations – tient presque de l’utopie : à Genève, l’Ensemble Contrechamps semble détenir le monopole de la musique contemporaine...

En réalité, d’après Béatrice Zawodnik, l’oboiste de l’ensemble (également membre de Contrechamps), « nous ne faisons pas double emploi avec Contrechamps, qui était enthousiaste à la vue de notre projet. Il s’agit pour nous de créer un tremplin pour les jeunes compositeurs, ce qu’un ensemble comme Contrechamps ne prend guère le risque de faire, ayant assez de travail avec le répertoire de compositeurs reconnus. »

Vortex fait cependant plus que s’intéresser aux jeunes compositeurs : il se spécialise dans la musique électroacoustique, un domaine laissé presque vierge par Contrechamps. C’est ainsi que toutes les compositions interprétées au concert demain (trois créations sur les sept oeuvres jouées) intègrent d’une façon ou d’une autre l’électronique.

Une idée rendue possible grâce au partenariat avec l’AMEG (Association pour la musique électroacoustique à Genève) et le CIP (Centre international de percussion), qui mettent à disposition le précieux matériel pour jouer des oeuvres nécessitant un équipement coûteux. Car si une poignée de sponsors donne de l’argent à Vortex, le travail effectué par l’association n’en reste pas moins bénévole. « Nous ne comptons pas notre investissement, il est énorme. Pourtant, nous croyons fermement à ce projet », confie encore Béatrice Zawodnik.

L’avenir ?
C’est d’abord l’ultime concert de la toute première saison de Vortex, qui aura lieu le 10 juin prochain au Studio Ernest- Ansermet à Genève. Quant à la prochaine saison, qui doit encore être organisée, elle se poursuivra sans doute sur un rythme de trois concerts par saison. « Nous tenons ainsi compte de l’immense travail que cela représente tant pour les compositeurs que pour les interprètes. »

L’Ensemble Vortex, tremplin pour les artistes, sera sans aucun doute le pont entre la musique d’aujourd’hui et son public, grâce à son travail en direct avec les compositeurs de demain.

Anne Meier

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2005, 21 décembre - Voyage festif sur la planète Mozart

ORCHESTRE DES JEUNES
Voyage festif sur la planète Mozart

La Liberté, 20 décembre 2005

Un somptueux quatuor à vent était l’invité ce week-end de l’Orchestre des jeunes de Fribourg (OJF). Hautbois, clarinette, cor et basson, les solistes ont donné une couleur festive et brillante à l’ensemble de cordes. Mais les bancs de l’église Saint-Jean, à Fribourg, n’étaient pas tous occupés samedi, tandis que l’OJF emmenait son public dans les harmonies chantantes d’un « concert de Noël » en grande partie dédié à Mozart.

Le départ a lieu avec légèreté sur le délicieux quatuor « Cassazione » de Georg Lickl, dans un style qui imite celui de Mozart. Les quatre solistes, Béatrice Zawodnik (hautbois), Dimitri Ashekenazy (clarinette), Andrea Zardini (cor), Laura Ponti (basson), donnent un aperçu divertissant de leur complémentarité. La pièce sans prétention, qui sonne comme un intermède, est surtout relevée, dans l’adagio, par le très bon corniste.

Avant de céder la baguette de chef à Théophanis Kapsopoulos, Daniel Cordone conduit l’OJF sur l’exubérant « Adagio et fugue en do mineur » (KV 546) de Mozart. Réunis aux dimensions d’un orchestre de chambre, les instruments sont mis à nu. Parfois hésitant, dilué, l’ensemble peut toutefois se targuer d’un belle présence des registres graves (violoncelles et contrebasses), qui soutiennent l’architecture de la fugue. Quoique peu nuancée, l’interprétation réussit à dramatiser les relances du thème.

Après un survol discutable de quatre contrepoints de « l’Art de la fugue » de Bach, Theophanis emmène ses protégés dans un voyage sidéral sur la planète de la « Symphonie concertante » du génie de Salzbourg. Là, la direction convainc. On sent aussi les jeunes musiciens familiarisés avec ce répertoire, tandis que l’OFJ est renforcé d’instruments à vent. Au dessus de la mêlée, le quatuor fait éclater ses solos virtuoses. Le premier mouvement est enlevé, bien phrasé, ça fuse. L’orchestre lui-même s’amuse et transmet son bonheur de jouer. Le son sature dans la petite église. En baignant dans tant de gaieté, on se souvient pourquoi Mozart est si populaire.

Si l’attention retombe dans le deuxième mouvement lent, le cor continue d’illuminer l’œuvre de ses sons amples et pleins. Puis le dernier mouvement rapide prend congé en faisant sautiller ses pizzicati. Du Mozart très réjouissant !

Elisabeth Haas


2005, 7 mars - Le Quatuor Arc-Anches

Les jeunes membres de Vortex allient ambition et enthousiasme

Le Courrier, 8 décembre 2005

Ce soir a lieu le premier concert du nouvel ensemble de musique contemporaine.

Vortex : le nom du tout nouvel ensemble de musique contemporaine qui a vu le jour à Genève semble sorti tout droit d’un livre de science-fiction. Ses activités, bien réelles, commencent pourtant dans un futur proche : son premier concert a lieu ce soir au Conservatoire de Genève. L’Ensemble Vortex est formé de jeunes musiciens qui se sont rencontrés au Conservatoire et partagent un même goût pour la création contemporaine. Certains des protagonistes sont d’ailleurs déjà bien connus à Genève. Côté musiciens, on trouve Anne Cardinaud à la percussion, Mauricio Carrasco à la guitare, Rada Hadjikostova au violon, Jocelyne Rudasigwa et Noëlle Raymond à la contrebasse, ainsi que Béatrice Zawodnik au hautbois. Quant aux compositeurs, il s’agit de John Menoud, Mario Lavista, Sergio Luque, Marco Suarez, Hugo Marales et Fernando Garnero.

En coproduction avec l’AMEG (Association pour la Musique Electroacoustique de Genève), l’ensemble se lancera ce soir dans une série de créations de jeunes compositeurs, acoustiques, électroniques ou mixtes.

Son activité se base sur un dialogue soutenu entre compositeurs et interprètes. Autant de jeunes artistes engagés dans la création contemporaine avec enthousiasme et ambition sont donc à découvrir ce soir. L’Ensemble Vortex a d’ores et déjà deux autres dates prévues à Genève pour sa saison « Musica Nueva » : le 30 mars 2006 dans le cadre du Festival Archipel, et le 10 juin 2006 au Studio Ernest- Ansermet, deux concerts prévoyant également des créations de jeunes compositeurs.

Anne Meier

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2003, 7 mars - Le Quatuor Arc-Anches

GUILDE DE LA MUSIQUE DE CHAMBRE
Le Quatuor Arc-Anches

Sainte-Croix, n°18, Vendredi 7 mars 2003

Ce dernier dimanche 2 mars à 17 heures, le public s’était déplacé pour le deuxième concert de la saison, malgré la neige qui tombait en flocons serrés. L’église catholique était chauffée on ne peut mieux, ce qui était appréciable pour chacun.

Une très intéressante et fort agréable découverte de jeunes talents virtuoses réunis depuis 1999 en Quatuor. Ils sont aussi musiciens dans d’autres orchestres et pour certains solistes.

Béatrice Zawodnik, hautbois ; Droujelub, violon ; Marion Veronesi, alto et Hristo Kouzmanov, violoncelle nous ont offert un Arc…en ciel dans ce dimanche de tous les temps.

A relever d’abord la présentation appréciée de chaque pièce, trio, quatuor, une façon de nous faire entrer dans une connaissance par l’ouverture, début du partage musiciens-public attentif. Annonce : le programme a été inversé car il y a enregistrement professionnel en vue d’un CD, attendre avant d’applaudir !

Pour débuter, quatre pièces celtiques pour cor anglais et cordes opus 59, du compositeur américain d’origine irlandaises Swan Hennessy, musique très influencée par le folklore de son pays. Timbres mats, graves ou dansants, le hautbois rayonne, une belle maîtrise éloquente, avec des harmonies agréables faisant penser à la symphonie du Nouveau-Monde. Il y a un doute pour la deuxième œuvre trio à cordes opus 53 en sol Majeur qui est annoncé de J. Haydn, transcription qui serait plutôt d’un élève F. Hoffmeister. Les deux mouvements ont de l’esprit, de l’humour, très très agréable Trio dédicacé à la princesse M.H. Esterhasy.

Ont suivi les trois mouvements du quatuor pour hautbois et cordes en do Majeur opus 7 n° 4 en trois mouvements d’Andreas Lidel, Autrichien qui jouait du baryton et de la viole de gambe. Le premier instrument a presque totalement disparu, il avait pourtant la possibilité de rendre des voix de violon, alto, violoncelle. Particularité : deux têtes avec quinze cordes et dessous quinze cordes de résonance. On peut en admirer encore trois spécimens au Musée de Paris, partie « instruments anciens ». Dans ce quatuor, un phrasé magnifiquement interprété par Arc-Anches.

Quatrième compositeur Benjamin Britten, compositeur anglais, début vingtième, culture baroque et classique, très pacifiste. Il a très peu écrit pour la musique de chambre. L’œuvre de jeunesse « Phantasy » opus 2 pour hautbois et cordes en quatre mouvements, est très explicite : une marche de soldats dans la brume et un colonel à la direction, le hautbois, qui guide et chante, vraiment harmonieux dans des sonorités très, très porteuses ; et la troupe s’en va ! Le public ravi a applaudi ce magnifique concert qui offrait une palette de sons joués avec virtuosité par des musiciens honorant les compositeurs et leurs œuvres, respect de l’écriture, des partitions, dans une interprétation commune.

Pour terminer, un bis de Benedetto Marcello, deuxième mouvement d’un quatuor. Ornementation de Bach. Genre de petites figures par-dessus codifiées, et qui permettait aux virtuoses de glisser, d’interpréter d’autres détails. Il existe peu de partitions de ces ornementations de recherche. Arc-Anches a touvé ce magnifique témoignage.

Le Quatuor Arc-Anches est parti de Sainte-Croix très rapidement pour Lausanne car ils allaient jouer avec l’ensemble Sinfonietta le soir-même.

MDx

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2003 - 14 février - Concert Arc-Anches

Grand Studio du Conservatoire
CONCERT ARC-ANCHES

Journal de Morges n°12, vendredi 14 février 2003

L’Association des Amis du Conservatoire de Morges et environs avait convié ses adhérents, vendredi 7 février à 18h30, à un concert donné par l’ensemble Arc-Anches, au Grand Studio du Conservatoire « Arc » comme archet, « anche » comme la languette de bois ou de roseau dont les vibrations produisent le son de la clarinette, du saxophone, du hautbois ou du cor anglais, tous quatre dénommés pour cette raison « instruments à anches ». Créé en 1999, cet ensemble se compose de Béatrice Zawodnik, hautbois et cor anglais (laquelle enseigne au COV à Nyon), Droujelub Yanakiew, violon, Marion Veronesi, alto et Hristo Kouzmanov, violoncelle. Son intention première est de faire découvrir un répertoire peu connu de musique de chambre « mixte », par le mélange des cordes et des anches, parfois d’ailleurs accompagné du piano.

Tous quatre professionnels, titulaires d’une virtuosité et actifs dans divers orchestres, en particulier la Sinfonietta de Lausanne, ces quatre instrumentistes présentaient un fort intéressant programme, qui mettait en lumière leur cohésion et leurs brillantes qualités instrumentales. Dans les quatre pièces celtiques pour cor anglais et trio à cordes op. 59 de l’Américain d’origine irlandaise Swan Hennessy (1866-1929), l’auditoire (hélas fort restreint) a pu apprécier la magnifique sonorité élégiaque du cor anglais. Le Trio à cordes op. 53 en sol Majeur de Haydn, transcription d’une sonate pour piano, présente deux mouvements bien enlevés, malgré quelques petits décalages ici ou là. Passionnante découverte avec le Quatuor pour hautbois et trio à cordes en do Majeur op. 7/4 l’Autrichien Andreas Lidel (1740-1789), le grand maître de la viole de gambe et du baryton (une viole à deux manches et à très nombreuses cordes…). Cette musique tout à fait plaisante offre à chaque instrument des plages significatives où il peut se mettre en lumière.

Conclusion haute en couleur avec la « Phantasy Quartet pour hautbois et trio à cordes op.2 de Britten, une musique extrêmement vivante et variée, d’exécution fort déicate, où la ligne mélodique virevolte d’un instrument à l’autre. Arc-Anches fait montre de virtuosité et de maîtrise, de tempérament aussi, caracolant entre les dissonances, les pizzicati et les élans lyriques, en particulier dans un Andante pathétique.

En bis, le troisième mouvement du célèbre Concerto pour hautbois de Marcello, adapté pour petite formation. Signalons à nos lecteurs que ce groupe se produira le jeudi 20 mars, dans le cadre des concerts à Lully.

JJG

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