Articles 2010-14

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2016, 29 Février - Succès et explorations musicales au Conservatoire cantonal
Le Nouvelliste, par Jade Albasini

2016, 26 Février - A l’heure de l’expérimentation
Le Nouvelliste, par Jade Albasini

2014, 16 novembre - Schizzi Di Orlando Furioso (Neos, 2014)
The Free jazz Collective, Stef

2012, 16 novembre - Relooké, le Conservatoire populaire souffle ses quatre-vingts bougies
Le Courrier, Anya Leveillé

2012, 28 septembre - L’Ensemble Vide s’invite à Arccop
Par Anya Leveillé

2012, sept-oct - Un Court-circuit à Carouge
Par Petra Krausz

2012, septembre - Ensemble Vide à Arcoop
Propos recueillis par Catherine Fuchs

2012, juillet - Au Seuil du métier, Comment mener de front études et musique
Par Serge Bimpage

2012, juin - Pictures Of New York
Dissonanz, Stefan Drees

2012, 21 janvier 2012 - Tremplin pour les jeunes musiciens
Le Courrier, par Anya Leveillé

2011, 3 octobre - Entretien avec Béatrice Zawodnik
Par Julie Preti

2011, 27 septembre - Bel instant musical avec Artefact
Paru dans le Journal de Gaillard

2011, 10 mai - Quête initiatique à l’Etincelle
Par Marie Beer, Genève, Philippe Campiche et Nathalie Atlan s’inspirent d’un conte Cheyenne.

2010, 29 avril - L’Extase à vif de Harvey
Par Julian Sykes - Critique : l’Ensemble Contrechamps à Genève.


2016, 29 Février - Succès et explorations musicales au Conservatoire cantonal

Le Nouvelliste, par Jade Albasini


2016, 26 février - A l’heure de l’expérimentation

Le Nouvelliste, par Jade Albasini


2012, 16 novembre - Schizzi Di Orlando Furioso (Neos, 2014)

MONDAY, JULY 28, 2014
Schizzi Di Orlando Furioso (Neos, 2014) ****

By Stef

"Orlando Furioso" is an early sixteenth century epic poem about the knight Roland who tries to keep the invading Saracen hordes out of Europe, and is based on the "Chanson de Roland", which describes the battle of Ronceveaux during Charlemagne’s reign. The Italian epic is about war and love and with lots of fantasy (actually truckloads of them - see the drawing by Gustave Dore below to give you some idea). It is a poem that inspired many musicians, including Vivaldi.

Now we get some modern improvisers who give it a try, by playing solos, duos and trios, consisting of D.M. Visotzky on alto saxophone, Béatrice Zawodnik on oboe and English horn, Barry Guy on double bass, Brice Pauset on harpsichord and Leonardo García Alarcón on organ.

These are all classically trained musicians, well versed in new music, jazz or avant-garde to bring this to a good end. Barry Guy is the most prominent musician, opening and closing the album with solo pieces, and engaging in duets with the oboe, the saxophone and the harpsichord.

Like the poem, the music is full of drama, inherent tension and wild musical imagery. I have never heard an oboe like Béatrice Zawodnik makes it sound on this album, so raw, so harsh, so devastating. But then there is also the organ, like you are invited into a church, into the sacred, and how Garcia Alarcón manages to get glissandi and microtones out of a church organ is a mystery to me, and also that instrument sounds different, and despite the crushing power it emanates, it also trembles. And then imagine the use of the harpsichord in free improvisation, in duets with an alto saxophone, or with a plucked bass in accompaniment, it is unheard and by itself worth the listen.

The duet between the oboe and the organ is the highlight of the album, a painful sound of loneliness and despair hovers over the heavy and angry organ sounds.

The pieces are short, all twenty-four of them, all around three minutes long, just long enough to create some drama around the verses that inspire the improvisations, but not really long enough to expand and explore.

Not everything works, but the overall result is quite fascinating, and some of the interactions are truly superb.

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2012, 16 novembre 2012 - Relooké, le Conservatoire populaire souffle ses quatre-vingts bougies

Relooké, le Conservatoire populaire souffle ses quatre-vingts bougies

GENÈVE Après deux ans de rénovation, le Conservatoire populaire inaugure son site historique, rue François d’lvernois, et fête ses 80 ans.

« C’est la fin d’une crise immobilière ! » Peter Minten, directeur du Conservatoire populaire de musique danse et théâtre (CPMDT), affiche un soulagement mêlé de fierté en évoquant la réouverture du centre historique situé au 7, rue François d’Ivernois (anciennement ERA). S’attaquant à toute la structure intérieure et extérieure du bâtiment, les travaux ont permis l’agrandissement du Conservatoire dont les huit étages hébergent à présent des locaux administratifs, des salles de cours, un studio d’électroacoustique et surtout une très belle salle de concert, le Studio Gabriele de Agostini.

Bénéficiant d’une excellente acoustique, cette salle de 160 places permettra d’accueillir aussi bien les concerts et les spectacles des élèves du Conservatoire que des évènements extérieurs. Et surtout, elle offrira aux Genevois une nouvelle saison musicale qui permettra à l’institution de gagner en visibilité. Car, malgré le fait que le CPMDT organise près de 500 évènements par année, ce qui le place au rang du plus important organisateur de concerts du Canton, ces manifestations éparpillées à travers les différents centres d’enseignement tendent à passer aperçues auprès d’un large public.

Pour cette nouvelle saison imaginée par Peter Minten et hautboïste Béatrice Zawodnik, des professeurs du Conservatoire ainsi que des personnalités musicales fortes extérieures à l’institution se produiront une fois par mois dans des répertoires variés - musique classique, contemporaine, jazz ou tango- reflétant la diversité des enseignements qui y sont proposés.

Ce samedi, pour fêter le 80 anniversaire du Conservatoire (voir ci-après), le compositeur Arturo Corrales dévoilera sa nouvelle création, Onde, projet interdisciplinaire réunissant danse, théâtre, musique instrumentale et électronique. La suite des concerts hivernaux se déclinera autour d’un programme proposé par Massimo Pinca (7 décembre) dédié à la contrebasse dans tous ses états, une soirée Dvordk avec le très beau Quintette pour piano en la majeur (11 janvier) et un programme jazz (22 février) avec le Evaristo Perez « cajón-jazz » Trio.

Après des tangos passionnés revisités par le compositeur argentin Narciso Sadl (22 mars), les élèves de la filière pré-professionnelle présenteront, à l’issue de leur travail avec le claveciniste et chef d’orchestre Leonardo GarciaAlarcon, l’intégrale des Concertos Brandebourgeois de Bach (18 avril). La saison se terminera par un récital du violoncelliste Olivier Marron dans un programme alliant Webern, Schubert et Holliger (10 mai), et par un concert faisant la part belle aux instruments à vent avec le Quintette en forme de chôros deVilla-Lobos et le Sextuor à vents de Janácek interprétés par des enseignants du CPMDT (7 juin).

A noter également qu’en avant-goût de cette saison prometteuse et pour souffler ses quatre-vingts bougies, le CPMDT organisera ce samedi dès 11 h une journée festive qui sera émaillée par des déambulations musicales, visites guidées du bâtiment rénové et des concerts. ANYA LEVEILLÉ

Sa 17 novembre à 11h, parade musicale entre le parc Gourgas et le centre François d’lvernois ; dès 13h30, visites guidées surprises ; 14h spectacle, « La révolte des notes » ; 18h, Onde. Conservatoire populaire, 7 rue François d’ Ivernois. Entrée libre. Rens : www.cpm-ge.ch

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2012, 28 septembre - L’Ensemble Vide s’invite à Arccop

Le Courrier, 28 septembre 2012

L’Ensemble Vide s’invite à l’Arcoop

MUSIQUE - Le collectif genevois propose trois concerts entre baroque et contemporain.

« Court-circuit » à Arcoop. Sous ces allitérations surréalistes se cache une nouvelle série de trois concerts proposée par l’Ensemble Vide, collectif de musiciens, compositeurs, metteurs en scène, plasticiens et chercheurs genevois. Le compositeur Denis Schuler et l’hautboïste Béatrice Zawodnik, qui cherchent à briser le cadre « cérémonial » des concerts traditionnels, organisent des rencontres musicales dans des lieux insolites. A cet égard, le bâtiment Arcoop, fleuron de l’architecture industrielle regroupant des dizaines d’artisans et autres corps de métiers, offre un écrin de rêve à leur projet. Imaginez un théâtre à l’italienne surplombé d’une verrière, dans lequel les loges sont remplacées par des cursives se déployant sur cinq étages autour d’une vaste cour intérieure. Dans ces cursives, les auditeurs peuvent déambuler à leur guise, modifiant ainsi leur perception visuelle et auditive du concert qui se déroule aussi bien en bas, dans la cour, qu’en haut avec des musiciens perchés dans les loges.

Bien que l’exploration de la culture sonore contemporaine soit au cœœur de la réflexion menée par l’Ensemble Vide, la programmation fait également la part belle à la musique classique avec un accent particulier sur la période baroque. En contrepoint à ces métissages stylistiques, les organisateurs ont réuni des interprètes issus de familles différentes, intégrant aux côtés des formations professionnelles des élèves issus des conservatoires genevois.

Ainsi, pour le concert d’ouverture de cette micro-saison (29 septembre), trois choeurs formés par des professionnels et par des enfants- Ensemble vocal de poche, Ensemble vocal Séquence, Maîtrise du Conservatoire populaire - se produiront dans différents espaces du bâtiment pour un programme s’articulant autour des Cris de Paris de Clément Janequin (1530), des Cr/es of London de Luciano Berio (1976) ou encore des pièces pour voix de Durcen, Scarlatti et Denis Schuler.

Le deuxième concert (20 avril) dévoilera Different Trains de Steve Reich, mobilisant les forces du Quatuor Byron, de l’ensemble A tous vents (formé par des élèves et des professeurs du Conservatoire de musique de Genève) et de la compositrice coréenne Iunghae Lee. Enfin, le troisième rendez-vous (18 mai) conviera les auditeurs à la croisée des répertoires baroques et improvisés avec la Cappella Mediterranea emmenée par Leonardo Garcia Alarcón, et l’ensemble SIX dirigé par le pianiste Jacques Demierre et le saxophoniste Urs Leimgruber.

Anya Leveillé

Court-Circuit #1 : Les Cris, sa 29 septembre, 20h, Bâtiment Arcoop, 32 rue des Noirettes, Carouge (GE), rés. billettede@en semblevide.ch, www.ensemblevide.ch

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2012, sept-oct - Un Court-circuit à Carouge

CAROUGE ! N° 52 Septembre-octobre 2012

un court-circuit à carouge

L’Ensemble Vide propose trois concerts de musique classique dans le bâtiment industriel Arcoop

Qui se cache derrière l’Ensemble Vide ? C’est en effet sous ce nom aux consonances mathématiques qu’un groupe d’artistes et de chercheurs genevois propose, depuis 2011, des concerts et des spectacles dans différents espaces, souvent inattendus. A l’initiative de Denis Schuler (compositeur) et de Béatrice Zawodnik (musicienne), la structure organise une série de concerts dans un lieu pour le moins étonnant, et pourtant présent de longue date dans la vie de la Ville de Carouge : le bâtiment Arcoop, un fleuron d’architecture industrielle regroupant des dizaines d’artisans et autres corps de métiers. Une fois passée l’entrée, l’espace s’ouvre sur une spacieuse cour intérieure autour de laquelle se distribuent les ateliers, sur cinq étages. C’est donc dans cet espace - qui fait penser à un théâtre à l’italienne qu’aurait colorié le peintre Piet Mondrian - qu’on pourra entendre des musiques classiques, avec des répertoires allant du XVI« siècle à la création d’aujourd’hui.

Le principe de chaque soirée : mélanger plusieurs formations, intégrer des jeunes en formation et proposer des programmes qui combinent différents styles. Trois choeurs a cappella inaugurent la série « CourtCircuit », te 29 septembre 2012, 20 h : chanteurs professionnels et enfants (Ensemble vocal de Poche, Ensemble vocal Séquence et Maîtrise du Conservatoire populaire de musique, danse et théâtre) investissent le bâtiment.

Ils chantent un programme pensé autour des Cris de Paris de Janequin (1485-1558) et des Cries of London de Luciano Berio (1925-2003). Le second concert, te 20 avril 2013, 20 h, intitulé Different Trains, rassemble le Quatuor Byron, l’Ensemble A tous vents - formé d’élèves et de professeurs du Conservatoire de musique de Genève (CMG) - et une compositrice coréenne, Junghae Lee, autour d’une pièce phare du XXe siècle composée par Steve Reich. Quant au troisième concert, le 22 mai 2013, 20h, il propose une réunion inédite entre musique baroque du sud de l’Europe et improvisation, avec l’Ensemble Cappella Mediterranea, dirigé par Leonardo Garcia Alarcón, et le groupe SIX, dirigé en partie par le musicien genevois Jacques Demierre. Ces trois concerts sont proposés et réalisés par l’Ensemble Vide, avec le soutien de la Ville de Carouge et de la Société coopérative Arcoop. • Petra Krausz

L’Ensemble Vide :
Court-Circuit 1 - Les Cris
Date : samedi 29 septembre 2012, 20h
Lieu : bâtiment Arcoop, rue des Noirettes 32, 1227 Carouge
Ensembtes et musiciens invités :
Ensembte vocal de Poche (Genève),
Ensembte vocal Séquence (Genève),
Laurent Gay, direction,
Maîtrise du Conservatoire populaire de musique, danse et théâtre (Cpmdt), Fruszina Szuromi, clavecin, Magati Dami et Serge Itg, direction de chœur Musiques :
Luciano Berio, Clément Jartequin, Henry Purcett, Atessandro Scartatti, Denis Schuter, Jean Servin, Karen Tanaka.

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2012, septembre - Ensemble Vide à Arcoop

Le Courrier 28 septembre 2012
Scène Magazine N° 245 septembre 2012

Court-Circuit

Un ensemble nouvellement créé dans un lieu inédit pour des mélanges de styles et de genres détonants, voilà qui promet de belles surprises aux mélomanes curieux durant la saison prochaine I

Rencontre avec Béatrice Zawodnik, à l’origine de cette aventure avec le compositeur Denis Schuler.

Tout d’abord, quelles sont les spécificités de cet Ensemble vide ? B.Z. : Cet ensemble est une plate forme interdisciplinaire de recherche sur le son contemporain et la création musicale. C’est une structure extrêmement souple qui vise à se mettre au service de projets ; une fois qu’une idée est aboutie, on cherche comment la réaliser, avec quelle personne s’associer, etc. Nous sommes, Denis et moi, musiciens, mais nous pouvons tout à fait travailler avec d’autres arts de la scène comme le théâtre, la danse ou la performance.

Comment est né le projet d’Arcoop ? Tout est parti du lieu, une coopérative d’ateliers artisanaux et industriels situés dans la zone industrielle des Acacias, au 32-34, rue des Noirettes. Nous y avions donné un concert dans le cadre du festival Espace temporaire et nous sommes véritablement tombés sous le charme de cet endroit qu’on peut présenter comme un théâtre à l’italienne, en version industrielle. L’acoustique y est excellente, et cette cour, à ciel couvert, se prête très bien aux mises en espace.

Vous avez donc imaginé une série de concerts pour mettre ce lieu en valeur ? Exactement. Le point fort de cette programmation, c’est, d’une part, le mélange des interprètes - des jeunes en formation et des professionnels et, d’autre part, la confrontation des époques. Nous espérons ainsi attirer des publics eux aussi mélangés et curieux d’assister à ces échos étonnants. D’ailleurs, la Ville de Carouge s’est montrée enthousiaste face à ce projet qu’elle a soutenu sans hésiter. Nous avons aussi pu compter sur le soutien du président d’Arc©op, sans lequel nous n’aurions pas pu réaliser cette, belle aventure. Propos recueillis par Catherine Fuchs

29 septembre 2012 Concert #1 : Les Cris Musique vocale ancienne et contemporaine * Chœur de chambre (Ensemble vocal de Poche, ensemble vocal Séquence) et chœur d’enfants (Maîtrise du CPMDT). * Œuvres de Jannequin, Scarlatti, Purcell, Berio, Schuler, Tanaka, etc.

20 avril 2013 Concert #2 : Different Trains Quatuor à cordes, ensemble de vents et électronique Quatuor Byron À tous vents, Ensemble des élèves et professeurs du Conservatoire de Musique de Genève * Plasticien sonore, technicien son (N.N.) * Arrangement et orchestration : Philippe Ehinger * ŒŒuvres de Steve Reich, quatuor classique et création électro-acoustique (N.N.)

22 mai 2013 Concert #3 : Chapelle Dialogue percussions et ensemble baroque * Cappella Mediterranea * Solistes percussionnistes (N.N.) * Direction : Le©nard© Garcia Alarcón * Œuvres de Falvetti (XVIIe) et compositeurs contemporains

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2012, juillet 2012 - Au Seuil du métier,
Comment mener de front études et musique

PLACE NEUVE/ JOURNAL DU CMG ET DE LA HEM PRINTEMPS/ÉTÉ 2012 N°7 UN SOUFFLE NOUVEAU

Eprouver du plaisir tout en maintenant ses exigences musicales pendant qu’on est au collège. C’est toute l’ambition de la filière préprofessionnelle. Qui propose un florilège de solutions.

Nul doute que l’enthousiasme de Béatrice Zawodnik, coordinatrice de la filière préprofessionnelle, est à la hauteur de celui des élèves. « Il faut les ouvrir le plus possible, après ils font leur chemin ! Je fais en sorte qu’ils aient l’opportunité de travailler avec des musiciens professionnels de renom, qu’ils puissent jouer le plus souvent possible en public, en mélangeant souvent le classique et le jazz. »

La filière a été créée en 2000. Elle est issue de la commission de piano qui regroupait les trois écoles de la Fédération des Écoles Genevoises de Musique FEGM (réunissant le Conservatoire de Musique de Genève, le Conservatoire Populaire de Musique, Danse et Théâtre et l’Institut Jaques-Dalcroze). Au départ, l’enjeu consistait à créer une structure plus intensive pour les pianistes, susceptible de les préparer aux examens d’écoles. Peu à peu, l’initiative a été adaptée à tous les instruments.

L’attrait pour cette filière ne s’est pas fait attendre. Tandis que les élèves étaient au nombre de 37 en 2007, au moment où Béatrice Zawodnik en reprenait la coordination, ils sont actuellement quelque 63.

Depuis 2011, la FEGM s’est élargie à la Confédération des Écoles Genevoises de Musique (CEGM). De sorte que désormais la filière préprofessionnelle ne regroupe plus seulement les trois écoles mentionnées, mais douze écoles qui font partie du réseau. Cet enseignement s’adresse aux élèves âgés de 16 à 20 ans. « Le défi de cette filière, c’est que les élèves talentueux puissent mener de front musique et études (la maturité constituant un titre obligatoire pour entrer dans une Haute École de Musique) », rappelle Béatrice Zawodnik.

Ainsi, le collège de Candolle et l’Ecole de culture générale Jean Piaget dispensent-ils les élèves concernés de certains cours. Ils disposent de quatre demi journées de congé pour pratiquer la musique. 9 élèves sur 63 bénéficient actuellement de cet arrangement. « C’est une tranche d’âge intéressante, poursuit Béatrice Zawodnik : les élèves ont des capacités, un potentiel et une motivation. C’est un âge où on se cherche, où on définit ses projets personnels. » Il est possible de laisser tomber la préparation préprofessionnelle à tout moment. La filière dure 3 ans, maximum 4.

Quoi que les élèves décident après, ils disposent ainsi d’un solide bagage musical. Et éprouvent le plaisir de travailler en groupe. Quant à ceux qui s’inscrivent au final à l’examen d’admission dans une HEM, ils sont pratiquement tous admis à Genève ou ailleurs. Concrètement, l’élève reste dans son école, avec son professeur. Par contre, il participe à des projets spécifiques qui leur sont destinés, ainsi qu’à deux séries d’audition chaque année. Il bénéficie d’une évaluation régulière de son travail et les enseignants de la HEM, par leur présence aux examens annuels, suivent de très près les élèves. Quelques exemples de projets forts réunissant les élèves des diverses écoles : chaque année, un stage à la Fondation Hindemith de Blonay. Un stage de musique de chambre en invitant des professeurs de la HEM. La mise sur pied d’un orchestre préprofessionnel réunissant tous les instruments d’orchestre, aventure à laquelle ont participé les chefs d’orchestre Leonardo Garcia Alarcon et David Greilsammer, directeur musical de l’Orchestre de Chambre de Genève. Des Stages de deux jours et demi avec un concert à Genève.

A noter que depuis deux ans, des étudiants de la filière master en pédagogie ont été intégrés à ce projet pour préparer les jeunes avant les répétitions, renforcer les pupitres de l’orchestre et proposer des ateliers à Blonay sur des sujets de leur choix. Cette année, des étudiants de la filière Musique et mouvement de l’institut Jaques- Dalcroze ont également rejoint les rangs.

« J’aime créer des synergies, commente Béatrice Zawodnik . Cette année, j’ai organisé un stage orchestre, un autre de musique de chambre qui aura lieu fin avril et une journée sur la présence scénique.

Chaque année également, j’invite un intervenant sur les problèmes posés par la pratique d’un instrument, postures, tendinites... » La filière préprofessionnelle ? Une symphonie à elle seule !

Serge Bimpage

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2012, juin 2012 - Pictures Of New York

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2012, 21 janvier 2012 - Tremplin pour les jeunes musiciens

TREMPLIN POUR LES JEUNES MUSICIENS
Ce lundi au Conservatoire, l’orchestre de la filière préprofessionnelle présente un programme audacieux dirigé par David Greilsammer.

Le Courrier, samedi 21 janvier 2012

Donner envie aux jeunes instrumentistes et chanteurs d’entamer un cursus musical professionnel, tel est le désir de Béatrice Zawodnik, professeure de hautbois et coordinatrice de la section préprofessionnelle de la Confédération des Ecoles Genevoises de Musique (CEGM). Cette filière, dont l’entrée est conditionnée par un examen offre la possibilité aux élèves âgés de 16 à 20 ans de bénéficier d’un enseignement musical intensif et de participer à des stages, masterclasses et ausitions en collaboration avec des professeurs de la Haute Ecoles de Musique (HEM). Ce cadre stimulant permet ainsi aux jeunes « prépros » d’avoir un avant-goût des études professionnelles de musique et de se préparer aux concours d’entrée des hautes écoles de musique, tout en poursuivant leur scolarité post-obligatoire.

Depuis son arrivée, en 2007, Béatrice Zawodnik a insuflé une énergie nouvelle à la filière en proposant aux élèves de nombreux stages de pratique instrumentale collective et en leur permettant de se produire régulièrement en public, aussi bien au sein des conservatoires que dans des EMS, des cafés ou encore des musées. Par ailleurs, chaque année, les élèves passent un week-end à la Fondation Hindemith à Blonay (VD), où ils travaillent de manière intensive les répertoires de musique de chambre et d’orchestre. Pour diriger ces sessions de travail qui aboutissent à un concert, Béatrice Zawodnik invite des « personnalités musicales enthousiasmantes afin de permettre aux élèves d’avoir un avant-goût du monde professionnel ». Après les deux premiers stages d’orchestre (en 2009 et 2010), placés sous le signe de la musique baroque et dirigés par Leonardo Garcia Alarcon, les jeunes musiciens ont travaillé avec David Greilsammer (directeur musical de l’Orchestre de Chambre de Genève) qui leur a fait découvrir ses répertoires de prédilection, à savoir les périodes classique, moderne et contemporaine.

TAUX DE RÉUSSITE MAXIMAL

Pour le concert qui aura lieu lundi 23 janvier, l’orchestre de la filière préprofessionnelle, renforcé par des étudiants de la HEM et dirigé par David Greilsammer, donnera un programme exigeant avec des œuvres de Vivaldi, Haydn, Mozart, Ravel et Ligeti. Quant aux jeunes chanteurs, pianistes et guitaristes qui n’ont pas pu participer à ce projet, ils se retrouveront au printemps pour un stage instensif de musique de chambre donné par des professeur de la HEM. Ces programmes sont également complétés par d’autres ateliers axés davantage sur la prise de conscience corporelle : après un stage sur la posture donné par la kinésithérapeuthe Isabelle Campion, la danseuse et comédienne Martine Brodard animera un atelier de présence scénique.

Le succès de la filière ne se dément pas : en cinq ans, le nombre d’élèves n’a cessé d’augmenter. « De 36 élèves en 2007, on est passé à 63 inscriptions pour l’année 2011-2012 », relève Béatrice Zawodnik, avant de rappeler que « quasiment tous les élèves qui se présentent aux concours d’entrée des hautes écoles, aussi bien en Suisse qu’à l’étranger, réussissent les épreuves d’admisssion ».

Di côté des élèves, l’enthousiasme est également au rendez-vous : Clément Dami, qui termine sa quatrième année de violoncelle en filière préprofessionnelle, apprécie particulièrement les nombreuses opportunités pour les élèves de jouer en public et estime que « le niveau technique instrumental acquis durant le cursus n’est, finalement, pas si éloigné des étudiants de la première année de la HEM ».

Anya Leveillé

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2011, 3 octobre - Entretien avec Béatrice Zawodnik

Tutti n° 15 / automne hiver 2011

Les filières spécifiques : La filière préprofessionnelle de musique

La commission de piano de la FEGM, lieu de réflexion débouchant sur la création de la filière préprofessionnelle, a confiée la première volée à la doyenne de piano de l’Institut Jaques-Dalcroze, Sylviane Lentin. Destinée aux élèves motivés et très talentueux, son but n’a pas changé.

Devant la charge croissante que cela représentait, les directions décidèrent de créer un poste de responsable. Il fut proposé à René Meyer (2000-2003), Nicolas Jéquier (2003-2004) et Eva Aroutunian (2004-2007).

Depuis 2007, Béatrice Zawodnik a repris cette fonction et poursuit le renforcement de cette fiilère. De trente sept élèves en 2007, soixante quatre se sont inscrits en 2008. Depuis lors, elle a atteint « son rythme de croisière » et se maintient chaque année avec soixante à soixante cinq élèves issus de toutes les disciplines classique et jazz. Depuis la création de CEGM en 2011, la filière intègre aussi des élèves issus des autres écoles du réseau, avec l’arrivée d’un nouveau domaine musical : les musiques actuelles.

Au sein de la filière, les élèves ont accès à un cours instrumental renforcé mais aussi à des stages, des masterclasses, des auditions et des examens en collaboration avec la Haute Ecole de Musique de Genève. Pour Béatrice Zawodnik, les projets collectifs sont primordiaux car cela permet aux élèves d’avoir un aperçu de la vie de musiciens professionnels. Chaque année ils profitent de stage de musique de chambre (avec des professeurs de la HEM), de stages d’orchestre délocalisés à Blonay, par exemple. Le fait d’être en immersion renforce la dynamique collective et les liens entre élèves.

Béatrice Zawodnik a intégré à ces stages des étudiants de master de pédagogie, ce qui a un double avantage : les jeunes futurs musiciens professionnels échangent avec des coachs exigeants et les jeunes futurs pédagogues professionnels ont l’opportunité de dispenser un enseignement à des élèves talentueux.

La même démarche a été proposée, pour cette année, avec des étudiants en master « musique et mouvement » ou « improvisation corporelle » de l’Institut Jaques Dalcroze.

Des invités de renom comme Leonardo Garcia Alarcòn, David Greilsammer ou encore Nelson Goerner enrichissent ces moments.

Cette année deux journées à thème sont organisées :
- une journée sur la posture (prévention des pathologies liées à la pratique instrumentale, optimisation du geste et confort de jeu) par Isabelle Campion de la clinique du musicien de Paris.
- une journée sur la présence scénique par Martine Brodard, professeur de danse au CPMDT et comédienne.

Chaque élève tire de ces séances des enseignements personnels tout en partageant avec les autres. Ces week-ends deviennent donc des événements collectifs importants.

Certains stages donnent l’occasion de collaborations. Ainsi, David Greilsammer, suite à son expérience de l’an passée, a proposé à quelques élèves de participer à un concert d’abonnement de l’Orchestre de Chambre de Genève (25 mai 2012, à 20h30, au Victoria Hall : « Tempête, nuit, mystère » avecdes œuvres de Vivaldi, Ives, Sciarrino, Haydn et Schumann).

Béatrice Zawodnik propose aussi aux élèves de nombreux concerts hors les murs, afin qu’ils rodent leurs programmes et s’habituent à jouer dans différentes salles avec un public varié.
Ils bénéficient aussi de cours de culture musicale dans leurs écoles ou à la HEM qui leur permettent de se familiariser avec le travail des élèves des classes professionnelles.
Au vu des nouvelles exigences de culture musicale (examen d’entrée éliminatoire), une réflexion a été menée entre la coordinatrice de la filière Béatrice Zawodnik, les doyens du CMG, du CPMDT et de l’ IJD (Stéphane Hörmann, Marie-Christine Papillon et Marina Roh), les professeurs de théorie à la HEM (Marc-André Rappaz et Charlotte Perret) et leurs directions dans le but de rendre plus visible l’offre d’enseignement de culture musicale des trois écoles et de l’adapter si nécessaire. Suite à cela, le CMG et le CPMDT ont fait des nouvelles propositions de cours.

Quatre élèves proviennent du département jazz. Ils participent aux différents stages ou concers proposés ce qui leur permet d’échanger avec les autres élèves, ils ont également des offres plus spécifiques à travers l’AMR et l’EJMA de Lausanne. Ils ont un cursus « sur mesure » suivi par le doyen du jazz, Ian Gordon-Lennox.

Béatrice Zawodnik conclut que son défi est d’offrir aux élèves des projets intéressants, mais sans les surcharger. En effet, ils suivent un parcours scolaire prenant et sont très sollicités dans leurs élcoles de musique, car ils sont très brillants. Ceci dit, par rapport au niveau exigé en HEM, ils ont encore beaucoup de travail à fournir pour se mesurer à la grande concurrence. Le plus important pour eux est de préserver un temps de travail personnel et solitaire de l’instrument.

Il est donc primordial de leur apprendre à choisir tout en développant leur sentiment d’appartenance à la filière.

Il faut aussi les aider à garder les pieds sur terre : ce n’est que le début d’un parcours long et difficile. Ils sont à une période charnière, certains aiment l’aspect social de la musique, les rencontres qu’elles impliquent, certains aiment plus le travail de l’instrument.

Le but de la filière est aussi de les aider à prendre la mesure de leur vie future s’ils décident de s’engager en HEM. 

Proportionnellement aux élèves qui se présentent, le taux de réussite est presque de 100% de réussite. En 2011, dix-huit élèves ont été admis en HEM, à Genève, en Suisse ou à l’étranger.

Ils ont tout avantage à poursuivre leurs études générales qui restent un élément indispensable de leur culture. A l’âge où les destins s’esquissent, le choix de la filière préprofessionnelle peut être remis en question par l’élève lui-même ou par l’Institution. Dans ce cas, loin d’être un échec, ce passage par cette filière leur aura permis d’avancer dans leurs choix.

Une collaboration avec l’école publique :

Les élèves en formation artistique dans les écoles de musique, danse et théâtre peuvent bénéficier, selon leur parcours, d’un dispositif de coordination académique ou horaire avec l’école publique.

Tous les élèves en option musique au Collège de Genève peuvent bénéficier pendant deux ans, s’ils choisissent la musique en discipline fondamentale, pendant quatre ans s’ils la choisissent en option spécifique, d’une prise en charge financière de l’enseignement instrumental, tandis que l’école de musique prend en charge cet enseignement et livre une note annuelle au Collège.

Les élèves en filière intensive peuvent bénéficier d’horaires aménagés à l’école primaire (un après-midi de congé par semaine), et ont accès aux classes « sport et arts » du Cycle d’orientation (mis en place dans trois C.O. du canton).

Les élèves en filière préprofessionnelle de musique ou de danse ont accès aux classes « sport et arts » du Cycle d’orientation, ainsi qu’aux horaires aménagés de Collège de Genève (Collège de Candolle) et de l’Ecole de Culture Générale.

En 2011-2012, un projet pilote de maturité spécialisée musique a été mis en place à l’Ecole de Culture Générale.

Ces différents aménagements, qui nous nous efforçons de développer davantage, permettent aux élèves de se consacrer davantage à leurs études artistiques.

Julie Preti

Clément Dami, 18 ans, élève de la filière préprofessionnelle en classe de violoncelle chez François Abeille


2011, 27 septembre - Bel instant musical avec Artefact

Bel instant musical avec Artefact.
Dimanche 25 septembre, 18h30.

27 septembre 2011, journal de Gaillard

La salle du rez-de-chaussée du château de Gaillard était trop petite pour accueillir le très nombreux public, venu écouter et applaudir le talentueux ensemble Artefact. Ce trio de cordes et hautbois regroupe des jeunes musiciens français, suisses et japonais issus des plus grands conservatoires européens. Au programme : Marcello, Mozart, Britten et Piazzolla pour un répertoire authentique et audacieux. Leur sensibilité et leur grande complicité donnent un nouvel aspect au concert, se traduisant par un véritable succès auprès du public.

Haut de page Pourquoi avez-vous décidé d’entrer dans la filière ?

J’ai décidé d’entrer dans la filière car, connaissant le niveau élevé des élèves, j’ai voulu pouvoir connaître et interagir avec des musiciens partageant les mêmes motivations que moi. J’ai voulu me donner les moyens d’arriver à ce même niveau, pouvoir participer aux projets spécifiques et profiter des nombreuses propositions de prestation en public.

Quels sont vos projets d’avenir ? 
J’envisage une entrée en Haute Ecole de Musique à la fin de cette année scolaire qui est aussi l’année du passage de ma maturité. J’ai envie de faire de la musique mon métier et je trouve que la filière préprofessionnelle nous prépare très bien à la vie en classe professionnelle. Elle nous permet donc de faire une belle transition entre les écoles de musique et la Haute Ecole de Musique.

Elisa Persoz, 19 ans, élève de la filière préprofessionnelle en classe de flûte traversière chez Natasa Maric

Pourquoi avez-vous décidé d’entrer dans la filière ?

C’est d’abord ma professeur de flûte qui m’a proposé, il y a deux ans, d’essayer d’entrer dans la filière préprofessionnelle. J’avais alors commencé à travailler de manière plus intensive mon instrument et je pensais entrer plus tard en HEM, je me suis alors dit que ce serait un bon moyen de progresser et de me préparer pour le concours d’entrée. Les élèves disposent d’un cours plus long et de plusieurs possibilités de stages : stage de posture, le traditionnel stage de Blonay pour orchestre, stage de musique de chambre…

Quels sont vos projets d’avenir ?

C’est ma deuxième année au sein de la filière, et j’aimerais bien essayer d’entrer en HEM l’année prochaine. Il est vrai que l’admission n’est pas simple du tout, mais dans tous les cas je ne regretterai pas d’avoir été dans la filière. Ça m’a permis de jouer avec d’autres musiciens motivés et avec des chefs d’orchestre renommés (comme David Greilsammer).

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2011, 10 mai - Quête initiatique à l’Etincelle

Quête initiatique à l’Etincelle
Philippe Campiche et Nathalie Atlan s’inspirent d’un conte cheyenne.

Le Courrier, jeudi 10 mai 2012

Yonn est orphelin. Il ne possède rien, et personne ne se soucie de lui. Attentif au murmure mélodieux qui l’appelle, et que personne d’autre n’entend parmi ceux qui l’entourent, il se croit fou, jusqu’au jour où des voyageurs de passage confirment l’existence de cette musique intime et lointaine. Yonn part alors à la recherche de ce qui l’habite au plus profond de lui-même, guidé par les grenouilles douées de parole.

Nathalie Atlan et le conteur Philippe Campiche s’approprient une légende amérindienne, « Nuage d’avril » dont ils proposent à la Maison de Quartier de la Jonction, à Genève, une mise en scène accompagnée de musique. Yonn est un spectacle tout public, dès 7 ans.

L’enfant est sans attache, effaçant continuellement ses traces pour ne jamais revenir sur ses pas. Aussi le spectacle s’appuie-t-il seulement sur une poignée de sable et sur quelques cailloux, qui guident l’imagination dans l’univers poétique du conte. Les plages et les vallées ne sont que des chutes de tissus qu’on enroule quand on veut les voir disparaître.

C’est par le biais d’une musique profonde et nuancée, presque tangible, que le voyage s’effectue. Le jeune compositeur et pianiste Maël Godinat, qui vit déjà de ses compositions et de ses nombreuses prestations dans le monde du théâtre et de la scène, plante un décor sonore saisissant, faisant jaillir vents et cascade, accompagné de la hautboïste Béatrice Zawodnik – dont l’instrument raconte merveilleusement la magie et la force des instants où l’on choisit son destin – et de Jacques Bouduban. Le violoncelliste a déjà rempli de sa musique plusieurs créations de Philippe Campiche.

Marie Beer

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2010, 29 avril - L’Extase à vif de Harvey

L’EXTASE A VIF DE HARVEY, par Julian Sykes

Critique : l’Ensemble Contrechamps à Genève

Le Temps, jeudi 29 avril 2010

C’est une musique qui vous empoigne, qui vous harponne. Jonathan Harvey, compositeur anglais né à la fin des années 1930, écrit avec un sens aigu des contrastes, de la forme. Quand l’une de ses pièces se termine, on a le sentiment d’un accomplissement, d’une trajectoire. Ce sentiment, assez rare dans les concerts de musique contemporaine, s’est imposé mardi soir lors d’un concert donné par Peter Rundel et l’Ensemble Contrechamps au Studio Ansermet de Genève.

Comme d’autres compositeurs de sa génération, Jonathan Harvey s’est plongé dans le post-sérialisme, celui de Stockhausen et de Milton Babbit à Princeton aux Etats-Unis (1969-70). Il a trempé dans l’électronique, à l’Ircam à Paris dans les années 1980, s’est rapproché du courant spectral – sans oublier l’influence de Messiaen – tout en conservant sa singularité. C’est un classique et un moderne.

Classique, parce que sa musique – même lorsqu’elle intègre des sections quasi improvisées comme dans le Trio à cordes – est profondément écrite, avec une oreille pour la polyphonie.

Moderne, parce qu’elle reflète un tempérament fort, épris de spiritualité, nourri à de nombreuses sources (les philosophies extrême-orientales).

Contrairement à d’autres (un certain Arvo Pärt…), Harvey ne s’échappe pas dans les brumes du mysticisme. Il y a une âpreté, une immédiateté dans sa musique, même dans les pièces les plus réfléchies. Des éclats les plus drus aux vibrations les plus infimes, une élévation a lieu.

Sprechgesang (2007) frappe par son écriture tendue et ramassée, dans une concentration d’effets (travail sur le souffle) que rend à merveille la hautboïste Béatrice Zawodnik et ses comparses. Très engagé, le violoniste Daniel Rowland, l’altiste Hans Egidi et le violoncelliste Olivier Marron traduisent les vertiges du Trio à cordes (2004), entre âpreté (une sorte de folklore réinventé) et frémissements. L’altiste Geneviève Strosser embrasse l’extase douloureuse de Jubilus (2003). Gong Ring (1984) est une pièce prodigieusement complexe, où l’importante percussion et le recours à l’électronique composent un puissant kaléidoscope d’impressions. Les différentes sections s’emboîtent en une dramaturgie organique.

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